Romain Roget
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Fragments Libre #63 – L’autre sacre russe
18/01/2012
Du 1er au 5 février se tient à Nantes la fameuse Folle Journée, cette année consacrée au Sacre Russe de Rimsky-Korsakov à Chostakovitch. C’est en belle occasion pour vous faire écouter des compositeurs russes qui sont au programme et qui sont tout à fait à mon goût, notamment Schnikkte, Scriabin, Stravinsky et même Chostakovitch. Sauf que…
C’est aussi une excellente occasion de vous faire entendre ce que vous n’entendrez justement pas lors de la Folle Journée, à savoir l’avant-garde russe issue de l’AgitProp et du Futurisme qui a oeuvré au commencement du régime soviétique, avant que Jdanov ne vienne dramatiquement mettre tout le monde au pas.
Ce soir nous écouterons donc deux pièces issus du CD Baku : Symphony Of Sirens paru chez ReR Magacorp.
Enthousiasme ! La symphonie du Donbass, ou plus précisément des extraits du film de 1931 du réalisateur russe Dziga Vertov
La symphonie des Sirènes d’Arseny Avraamov, oeuvre futuriste mobilisant locomotive, pièces d’artillerie, sirènes, choeur, camions et autres bateaux composée et jouée à Baku à l’occasion du 5ème anniversaire de la révolution bolchévique. Nous entendrons une reconstitution et non un enregistrement de la représentation original.
Rendez-vous donc le jeudi 19 janvier à 20h sur Jet FM.
Il n’est pas impossible que l’on écoute des compositeurs à l’honneur de la Folle Journée la semaine prochaine mais rien n’est encore fixé.
D’ici là, bonne écoute !
Chez moi, on n’écrit pas.
16/01/2012
Chez moi,
on n’écrit pas,
on ne chante pas,
on ne danse pas,
et on ne pense pas à haute voix, sinon avec des prolepses d’humilité.
Enfin si, cela arrive.
On écrit une lettre timorée au propriétaire pour un souci dérisoire du logis. Enfin, dérisoire, pas tant que ça et même pas du tout. Tout de même, il ne faut pas être impoli et peut-être réagira-t-il malgré tout. On réécrit son brouillon vingt fois, puis on place un guide sous la feuille de papier pour écrire droit et on finit avec un « Veuillez recevoir, Monsieur, l’expression de mes sentiments distingués » parce que c’est indiqué ainsi dans le « guide des lettres ».
On chante parfois, avec un sourire gêné au coin des lèvres. Sourire bientôt contagieux chez les convives. On chante faux quand on n’ose pas, on chante mal, on a l’air d’un enfant qui récite. La vie ne passe pas, elle reste bloquée au fond d’un larynx plus puissant qu’un surmoi. Alors on se dit qu’on nous n’y reprendra plus. Cela est pour les autres, pas pour nous.
On danse, maladroitement, retenu par la peur du ridicule qui sitôt le fait naître – ce ridicule tant redouté. Mais comment ces gens font-ils pour se sentir aussi libres de s’amuser ?
On pense et on discute tout de même, mais en famille. Cela est sans risque. Les nôtres ne sont pas plus cultivés que nous, ils ne nous écraseront pas avec leur formulations bien senties, leur culture savante ou leur réussite sociale. On a même le loisir de s’échauffer le sang, de disserter sur la décadence et la révolution politique qui n’arrive pas. Et puis on passe au plat de viande et la discussion revient sagement au cancer de la vieille tante.
Ou si bien sûr, on chante parfois, très fort et plutôt faux et on danse frénétiquement. C’est ce que l’on appelle les symptômes de l’ivresse.
L’ivresse frénétique de l’alcool. Ou l’ivresse folle de la décompensation dans le microcosme où le regard de l’autre n’existe plus, où l’on rit de bon cœur des absurdités les plus grotesques, où le moment de liberté de l’un ravit les autres à qui le plaisir de se libérer est communicatif.
Et puis rien, on n’a pas le talent, on ne se sent pas le droit. Il faut rester à sa place, inscrite dans les gènes par des générations de condition modeste.
Et puis rien. Inutile de construire des édifices de reproduction des classes. Nous, on n’osera pas. On ne croit pas en nos chances de réussites. Et quand elles se présentent, on n’y croit toujours pas. Un hasard certainement, un quiproquo peut-être. Une chance imméritée en tout cas qu’on s’empressera de ne pas saisir et qu’on laissera se dessécher avec autant de regret que d’orgueil de l’avoir senti au moins une fois.
On retournera dans notre monde étriqué. Parfois on le vivra mal, de préférence en silence. Et si on brise le silence, on ressentira la honte affreuse et confuse d’avoir osé proférer ce chouinement d’enfant gâté.
On regardera les autres de loin en se disant qu’on n’est pas malheureux, avec la nostalgie d’un surcroit de vie jamais advenu et la satisfaction d’être moins vulgaire que la vieille amie fan de télé-réalité et moins ignare que le voisin frontiste.
Mais quand même. Il y a quelque chose de coincer. Là. Et on aimerait bien s’en libérer – enfin.
Mirror and Music de Saburo Teshigawara
03/12/2011
La rubrique Regards profanes propose simplement un avis sur un spectacle vivant, une oeuvre, un livre, etc. Il s’agit d’impressions subjectives reposant sur le ressenti. Voici donc un premier essai un peu bancal.
Quelques impressions sur Mirror and Music de Saburo Teshigawara, vu à Nantes le jeudi 3 novembre.
Mirror and Music propose une succession de tableaux parfois très courts, souvent très longs. Le caractère répétitif de ces derniers nous fait passer par une certaine impatience. Mais celle-ci s’efface progressivement et ces tableaux provoquent littéralement des états chez le spectateur. Mirror and Music offre de ce point de vue une expérience proche de celle ressentie avec la musique répétitive. La chorégraphie joue aussi avec ces états, en proposant des ruptures radicales entre certains tableaux, tant dans le style que dans le rythme. La lumière, quasi-absente devient subitement omniprésente ; la musique passe des tendances bruitistes et industrielles au baroque.
Les deux soli de Saburo Teshigawara communiquent un sentiment de maîtrise accomplie, où la technicité est transparente. Le corps exécute des prouesse sans en avoir l’air, il semble comme libéré par la technique. A l’opposé, dans un solo de Rihoko Sato ( ?), la maîtrise technique déshumanise le corps. Elle semble encore travail. Comme si le spectacle mettait en place une dialectique ou justement un jeu de miroir entre les danses pratiquées par chacun des corps. Les ballets des autres danseurs, qui ne semblent apparaître seuls sur scène que par accident et pour de courtes périodes, dessinent au contraire un tableau plus léger, notamment lors du long passage sur la musique baroque, plus enivrant mais d’apparence moins maîtrisé. Non pas que la chorégraphie soit baclée mais les mouvements des personnages ne paraissent volontairement pas rigoureusement synchronisés. Ils semblent s’entrainer les uns les autres plus qu’ils ne s’accompagnent. On pourrait percevoir dans ces oppositions une mise en abîme de différents fonctions ou stades de la danse. Mais tous les tableaux de la chorégraphie ne s’orientent pas dans cette direction. Certains sont très courts et assez opaques, d’autres proposent une symbolique d’apparence évidente mais dont le sens s’échappe.
Fragments Libres #58 – Rencontre avec Fabio
02/12/2011
L’émission Fragments Libres s’est écarté des territoires musicaux pour parler écriture en compagnie de Fabio Viscogliosi. Fabio compose et dessine mais dans cette émission il est essentiellement question d’écriture dans un interview d’un quarantaine de minutes réalisé à l’occasion de la soirée Curieuse Jet FM samedi 19 novembre au Lieu Unique.
Le site de Fabio, c’est ici : http://fabio.visco.free.fr/
L’émission peut être écoutée sur le site de Jet FM :
http://www.jetfm.asso.fr/site/Fragments-Libres-58-Rencontre-avec.html
Merci beaucoup à Fabio et à Henri.
Introduction : le kitsch est-il le mal dans l’art ?
02/12/2011
Le texte ci-dessous est l’introduction de mon mémoire de Maîtrise de Philosophie réalisé en 2003. Outre son aspect scolaire et les limites de l’exercice introductif – forcément partiel, ce texte commence à être éloigné de ce que je pourrais dire et écrire aujourd’hui dans la rubrique « L’art et son contraire ».
Mais il a un double mérite : il m’offre un point de départ pour cette rubrique et il fait écho à des problématiques qui ne m’ont pas vraiment quitté depuis. Comment juger l’art en dehors des catégories classiques notamment ? Et surtout existe-t-il des formes, des créations qui, derrière une posture artistique, en sont en réalité la négation, l’opposé, le double négatif (pour ne pas dire Dark Side…) ? Je pense à l’exemple frappant pointé par Hermann Broch : Néron agrémentant son jardin de torches humaines et y voyant une œuvre d’art. Mais je pense aussi au statut du divertissement dont l’aboutissement imaginaire serait le sexophone du Meilleur des mondes d’Aldous Huxley. Somme-nous encore dans l’art quand celui repose sur une aberration morale ? Sommes-nous encore dans l’art lorsque la recherche du plaisir devient le seul enjeu, lorsque les formes ne surprennent plus, n’interrogent pas, en somme ne mobilisent plus vraiment la pensée ?
Il serait bien sûr extrêmement naïf de vouloir trouver des réponses simples et définitives à ces questions. Il faudrait commencer par résoudre les rapports de l’art à la morale et on se frotterait rapidement au risque d’essentialiser l’art et de lui conférer des attributs qu’une seule œuvre suffirait à rendre caduc.
Il ne sera donc pas question dans cette rubrique de proposer une approche systématique ou de tenter de construire une thèse. L’envie qui l’a fait naître est plus modeste : explorer de manière fragmentaire et sans prétentions des procédés à l’œuvre dans l’art ou encore les représentations qui peuvent être données de l’art. Il y a de nombreuses pistes pour cela, mais j’espère surtout avoir l’occasion de donner la parole aux artistes via des entretiens.
En attendant et pour patienter, je vous propose donc ci-dessous ce petit texte scolaire qui a déjà plus de huit ans…
Né il y a plus de cent trente ans en Bavière, le terme “kitsch” est apparu en France récemment, mais pour s’y propager très rapidement et s’ancrer solidement dans le langage courant. Notion dans l’ère du temps, son acception est pourtant vague et semble avant tout désigner des objets de qualité médiocre, bariolés et inutiles, voués à décorer dans le plus mauvais goût les intérieurs populaires.
Mais le kitsch est également assimilé à un style souvent repris – au second degré – par des artistes contemporains et affectionné des milieux “branchés”. Au final, c’est un terme dont le sens est très malléable et dont l’usage touche des objets bénéficiant d’un certain consensus quant à leur ridicule (bibelots touristiques, cartes postales, série télévisée et romans à l’eau de rose…). Toutefois, il peut tout aussi bien frapper de manière plus arbitraire, selon la tendance du moment. Lui-même phénomène de mode, il est parfois intimement uni avec cette-dernière : est qualifié de kitsch tout ce qui est “passé de mode” et qui, avec le recul du temps, se révèle être quelque peu risible ou de mauvais goût. En somme, le kitsch serait le devenir de la mode. Actuellement, il coïncide donc avant tout avec ce qui est susceptible de représenter l’esthétique des années quatre-vingts, voire des années quatre-vingt-dix.
L’extension du domaine d’objets susceptibles de revêtir à un moment ou à un autre l’appellation « kitsch » est en fait due à une définition du terme très imprécise, voire quasi inexistante. Le kitsch peut ainsi se confondre successivement avec le mauvais goût, la pacotille, le folklore inauthentique, ce qui est passé de mode, etc. Faire le procès de cet usage serait chose inutile et dénuée de sens, quand bien même celui-ci peut se révéler partiel ou partial. Soulignons simplement – afin d’éviter des contre-sens – que notre recherche prend le parti de se focaliser sur la signification qui semble la plus proche de l’origine du terme. Nous partirons donc de Hermann Broch, dont la théorie n’est certes formulée qu’un demi-siècle après l’apparition du terme, mais qui n’en demeure pas moins la première. Lui-même prend appui sur la signification du kitsch en Europe centrale qui diffère sensiblement de celle qui fut accolée au terme lorsqu’il s’est répandu en Europe de l’Ouest . Plus précise, la signification perçue en Europe centrale nous paraît également plus riche et douée d’enjeux plus considérables. Le kitsch y est en effet pensé comme un véritable danger pour l’art : “ Puisqu’en Allemagne et en Europe centrale le XIXème siècle était beaucoup plus romantique (et beaucoup moins réaliste d’ailleurs), c’est là que le kitsch s’est épanoui outre mesure, c’est là que le mot kitsch est né, qu’il est encore couramment utilisé. A Prague, nous avons vu dans le kitsch l’ennemi principal de l’art. Pas en France. Ici, à l’art majeur on oppose le divertissement. ”
Quand Broch, dans différents écrits, décide de théoriser une notion déjà amplement utilisée dans son pays natal, il la lie explicitement avec le contexte historique et esthétique qui a prévalu à son développement. Il développe alors l’idée que le kitsch est synonyme de “mal dans l’art”. Le kitsch n’est en effet pas réduit à un style ou un courant esthétique mais est perçu comme une “forme ” à la fois née de l’art mais en même temps étrangère au sens véritable de ce dernier. Son statut tient à la fois du monstre et du parasite : “monstre” car enfanté par l’art et un contexte peu propice à son développement authentique, il semble doter de propriétés contradictoires ; et “parasite” car prenant les apparences de l’art, il s’y assimile et tend à le ronger de l’intérieur. Essentiellement caractérisé par son inauthenticité, le kitsch peut dès lors désigner un domaine à la fois plus précis et plus étendu : plus précis car c’est à travers des propriétés particulières qu’il est repéré, mais aussi plus étendu car il ne va plus se limiter aux productions d’un certain art populaire. Il pourra tout aussi bien proliférer dans l’art dit savant.
Pour autant, ces propriétés ne peuvent être désolidarisées d’une attitude du sujet face à l’art, attitude qui s’actualise dans l’œuvre à travers la promotion d’idéaux mièvres, voire un peu niais, tel que ceux de l’Idylle, de l’Amour parfait, du Bonheur sans faille. Certes, ces idéaux n’accèdent véritablement au statut kitsch qu’à travers le traitement imposé par l’œuvre : le conventionnalisme de cette dernière les rend inéluctablement risibles. Pourtant l’efficacité de l’œuvre est intrinsèquement liée aux besoins de la réception : le kitsch ne peut être perçu comme “mal dans l’art” que s’il bénéficie d’une réception favorable, autrement dit que s’il est réclamé et perçu par son public comme art véritable et non comme art de mauvaise qualité. C’est pourquoi l’expression de Broch est volontairement teintée d’éthique : le kitsch exerce une tentation sur l’homme sous les apparences de l’art véritable, il est apprécié par ces adeptes comme tel (comme les adeptes d’une secte douteuse perçoivent leur mouvement comme une véritable religion) et ne peut donc être réduit à du mauvais art dans un sens purement formel. Réduit souvent au décor, le kitsch ne peut en fait être véritablement pensé que dans son rapport à l’art : il semble en être une forme “dégénérée” tout en en gardant le nom.
Notre objectif sera donc en premier lieu de saisir quels détournements de l’art il opère, à quels niveaux (moyens, statut et rôle de l’art) et en vue de quelle(s) fin(s). L’idée d’un lien entre esthétique et éthique et ces implications dans le problème du kitsch retiendront également notre attention : il s’agit de savoir quels procédés utilise le kitsch en vue de son efficacité et, au-delà des propriétés de l’objet, quelle attitude il requiert de la part du créateur comme du récepteur. Ce rapport à l’éthique lié à l’idée d’un détournement de l’art amène en fait plus précisément à celle de perversion : le kitsch accomplirait une ré-appropriation perverse de l’art et de ses moyens pour devenir ce véritable parasite, ennemi intérieur de l’art que dénonce Broch. Cette insidieuse perversion est-elle la véritable “essence du kitsch”, ce qui fait sa particularité, comme l’incite à penser Broch ? Quelle en est l’expression au sein des œuvres kitsch, quelles propriétés sont en mesure de le révéler ? Quand bien même une œuvre opérerait selon cette idée, est-elle pour autant véritablement efficace ? Puisque l’attitude du sujet face à l’œuvre semble aussi importante que les œuvres en elles-même, il est primordial de s’attacher à ce rapport instauré entre l’œuvre et le récepteur pour saisir en quoi elle peut être aliénation. Mais il faudra également montrer si elle est véritablement efficace et, dans le cas contraire, il est évident que la perversité en question devra être nuancée. Dans ce cas, le modèle théorique stigmatisant le kitsch comme “mal dans l’art” devra être reconsidéré soit comme non valide soit comme “modèle” au plein sens du terme, c’est-à-dire idéel.
Ce problème dépasse le kitsch en lui-même et pose également la question d’une éventuellement hiérarchie dans l’art ou d’une séparation nette entre art et non-art. En effet, le kitsch permet d’établir en quelque sorte une frontière de l’art, un point de rupture au-delà duquel il se retourne en son contraire, et ceci au-delà des considérations de perfection formelle. De surcroît, il n’interdit pas de penser une pluralité de l’art mais au contraire incite à saisir l’unité de l’art au sein de ses différences pour comprendre l’opposition art « véritable » / kitsch. En effet, montrer quels procédés utilise le kitsch pour détourner l’art permet en négatif d’appréhender les moyens mis en place par tout art pour interdire ou contrer un tel risque. Mais bien que Kundera présente le kitsch comme une alternative à la dichotomie art majeur / divertissement, son terrain de prédilection semble (empiriquement) rester l’art mineur ou populaire. Déterminer si le kitsch et l’art mineur se confondent, sont indifférents ou gardent des liens ambigus mais non inéluctables reste délicat. En fait, quelque soit le domaine où une œuvre paraît être ambiguë, l’analyse doit se centrer sur ce support pour pouvoir opérer un jeu d’opposition entre kitsch et art véritable. Les procédés mis en place par l’œuvre peuvent en effet contredire ou subvertir toute approche théorique trop générale. Ainsi, le Pop Art, par exemple, est en mesure d’instaurer un doute quand aux notions de reproductibilité ou de distanciation critique de l’œuvre. Il neutralise certainement des éléments, des procédés et des représentations jugés par la théorie comme foncièrement ineptes, voire opposés à la possibilité d’aboutir à de l’art véritable. Au vue du contexte entourant l’art contemporain, marqué par la perte de normes perçues comme objectives et de canons plus ou moins figés, les présupposés théoriques ne peuvent donc suffire : trop rigides ils risqueraient d’être remis en cause par l’art même.
Nous aborderons donc les rapports du kitsch à l’art, rapports de détournement et de perversions supposés de procédés et de moyens esthétiques. Ceci impliquera une prise en compte des affinités du kitsch, c’est-à-dire les domaines, thèmes ou genres dans lesquels ses emprunts sont le plus flagrant (notamment le lyrisme et l’idylle). Par ailleurs, en tant que phénomène récent, le kitsch s’inscrit dans une histoire (et dans des histoires : celle d’une civilisation, d’une économie et surtout celle de l’art) qui peut être amplement explorée et qui fourni un contexte propice a l’émergence de phénomènes nouveaux. Retracer une genèse du kitsch aidera à mieux saisir certains de ses aspects mais permettra aussi de savoir si un des postulats de base, à savoir que le kitsch, en tant qu’il n’est pas un mouvement ni un style, détient une part d’universalité, est légitime. Autrement dit, le kitsch doit-il être perçu comme un phénomène daté où comme une possibilité accompagnant l’art “de toute éternité” ? Par ailleurs, la réalité du kitsch est également déterminée par une attitude. Cette dernière sera également examinée afin de déterminer quelle efficacité on peut donner au kitsch.
Fragments Libres #55 – Trance Map
09/11/2011
jeudi 3 novembre à 21h
- à partir de 21h sur Jet FM
Émission proposée par Henri
Pour nous mettre en appétit avant le concert de ce samedi à 16h30 au club de la Médiathèque Hermeland qui le verra jouer en compagnie d’Evan Parker et Matthew Wright, Toma Gouband vient nous proposer une heure de musique autour de cette idée Trance Map.
Une musique libre, à la fois improvisée et composée, qu’on pourra également apprécier le lendemain, dimanche 6 novembre, en la Chapelle de L’Oratoire à 16h00. Tout cela est gratuit.
Evan Parker, saxophone soprano, sample collection, co-composition
Matthew Wright, live sampling, turntables, co-composition and sound design
Toma Gouband, pierres sonores, drums, cymbow, feuillages, lithophone.
Toujours en écoute : une première rencontre avec Toma Gouband proposée par Romain et Marc en mars dernier, ici
Plus de choses : http://www.par4chemins.com/
Fragments Libres #54 – Un poil énervé
09/11/2011
Jeudi 13 octobre 2011
- à partir de 21h sur Jet FM
Wolfgang Mitterer – Beat music (part 1). Live at Donaueschingen (Hatology, 2003)
Morceaux de Machine – Metal Scrap. Liberium Arbitrium (No Type, 2002, dispo ici)
Supersilent – 4.3. 4 (rune grammofon, 1998)
John Zorn - Hellfire. Moonchild (Orkhestra, 2006)
Zu vs Mat Gustafsson - How to raise an Ox. How to Raise an Ox (Atavistic, 2005)
Akosh S. Unit – Koparon. Omeko (Live) (Barclay, 1998)
Fragments Libres #53 – Souffle
18/10/2011
Jeudi 6 octobre 2011
- à partir de 21h sur Jet FM
Pierre Henry – Vagues (extrait de Variations pour une porte et un soupir – 1963). Mix Pierre Henry 03.1 (Son/Ré Philip Music Group France) – « thème » de l’émission.
Mickaël Levinas – Arsis et Thésis. Voûtes (Aeon, 2001)
Peter Brötzmann – The Rain Went On And On. Solo Right As Rain (FMP, 2001)
Daunik Lazro – Monotonic 1. Zong Book (Emouvance)
Evan Parker – Withstable solo 2. Whitstable Solo (Psi records, 2010)
Ensemble Jong Nong Ak Oho – Congsonggok Solo De Flute Taegum. Corée : Musique Instrumentale De La Tradition Classique. (Ocora, 2000)
Katsuya Yokoyama – Reibo (Quête spirituelle). L’art du shakuhachi (Ocora, 1997)
Yeum Sang – Sam Pong. The Music of Cambodia, Vol. 3 : Solo Instrumental Music. (Celestial Harmonies, 1994)
Andre Vida – I dont know whats wrong with me, my computer eyes or my internet knees. I dont know whats wrong with me, my computer eyes or my internet knees (Insubordinations, 2008)
Fragments Libres #52 – Rafael Toral, space solo 1
18/10/2011
jeudi 29 septembre à 21h
- à partir de 21h sur Jet FM
Émission proposée par Henri
Une fois par mois Fragments Libres vous propose d’écouter un vinyle en entier, dans le registre qui nous est cher des musiques « libres » (qualificatif que l’on peut décliner à l’envi en toute subjectivité).
Pour ce début de saison un disque du portugais Rafael Toral, Space Solo 1 publié par Taïga Records en 2008, qui reprend quelques enregistrements réalisés dans le cadre du Space Programs que développe depuis l’orée des années 2000 cet artiste étonnant.
D’abord affilié à la scène électronique expérimentale, il s’en échappe depuis une dizaine d’années avec des projets où l’instrument utilisé (souvent un petit ampli trafiqué, un oscillateur amplifié, un circuit électrique activé par la lumière…) est moins important que l’intention et l’énergie de celui qui joue.
Quelques exemples en images sont sur le site rafaeltoral.net.
Fragments Libres #51 – Fin de Saison / Nouvelle Saison
18/10/2011
Jeudi 22 septembre 2011
- à partir de 21h sur Jet FM
Franck Vigroux & Ben Miller – Oto. Transistor (D’autres Cordes – 2011).
Christina Carter – Dream Mother. Living Contact (Kranky, 2004)
Ensemble Nipponia – Atsumori. Kabuki & Other Traditional Music (Nonesuch, 1995)
Un extrait du film Kagemusha d’Akira Kurosawa.
Jordi Savall : Hespèrion XXI, La Capella Reial De Catalunya – Musique Bulgare – Taksim & Danse. Le Royaume Oublié (Alia Vox, 2009)
Trichur Brothers – Bho Shambo. Musically Yours (2009)
Pharoah Sanders – Hum-Allah-Hum-Allah-Hum-Allah. Jewels of Thought (Impulse, 1969)
Fennesz – Endless Summer. Endless Summer (Mego, 2001)